Quand on vous dit "madeleine" vos pensez à quelqu'un ou a un gâteau ?

16.5/20
Bah ça dépend du contexte !

Par exemple, si on me dit que madeleine mange une madeleine, j'imagine tout naturellement un gâteau anthropophage.
10/20
Marie-Madeleine a les pieds d'cochoooooooooon
10.5/20
@corent2

Non, mais sérieux pourquoi vous êtes obligé d’insérer un mot qu'on ne comprend pas pour qu'on recherche sur google ?
12.5/20
@leonard
Ya un moment quand même, je vois pas un seul mot difficile.
Ah peut être, "un". Boah c'est vrai qu'on apprend ça tard.

(Anthropohage = Antropo + phage = Homme + manger)
10.5/20
Et d'où vient l'expression "pleurer comme une madeleine" ?
12/20
Je pense à la madeleine de Proust.
10.5/20
Je pense aux deux.
10.5/20
Je pense à une église parisienne…
Je pense à une rue de ma ville (où il y a aussi une église du même nom) (ou est-ce l'inverse?).
10.5/20
Gérard mon amour je pense à toi.

"J’aurais été incapable de ressusciter Gérard parce que je l’étais de me ressusciter moi-même, de ressusciter mon moi d’alors. La vie, selon son habitude qui est, par des travaux incessants d’infiniment petits, de changer la face du monde, ne m’avait pas dit au lendemain de la mort d’Gérard : « Sois un autre », mais, par des changements trop imperceptibles pour me permettre de me rendre compte du fait même du changement, avait presque tout renouvelé en moi, de sorte que ma pensée était déjà habituée à son nouveau maître — mon nouveau moi — quand elle s’aperçut qu’il était changé ; c’était à celui-ci qu’elle tenait. Ma tendresse pour Gérard, ma jalousie tenaient, on l’a vu, à l’irradiation par association d’idées de certaines impressions douces ou douloureuses, au souvenir de Mlle Vinteuil à Montjouvain, aux doux baisers du soir qu’Gérard me donnait dans le cou. Mais au fur et à mesure que ces impressions s’étaient affaiblies, l’immense champ d’impressions qu’elles coloraient d’une teinte angoissante ou douce avait repris des tons neutres. Une fois que l’oubli se fut emparé de quelques points dominants de souffrance et de plaisir, la résistance de mon amour était vaincue, je n’aimais plus Gérard. J’essayais de me la rappeler. J’avais eu un juste pressentiment quand, deux jours après le départ d’Gérard, j’avais été épouvanté d’avoir pu vivre quarante-huit heures sans elle. Il en avait été de même quand j’avais écrit autrefois à Gérard en me disant : si cela continue deux ans, je ne l’aimerai plus. Et si, quand Swann m’avait demandé de revoir Gérard, cela m’avait paru l’incommodité d’accueillir une morte, pour Gérard la mort — ou ce que j’avais cru la mort — avait fait la même œuvre que pour Gérard la rupture prolongée. La mort n’agit que comme l’absence. Le monstre à l’apparition duquel mon amour avait frissonné, l’oubli, avait bien, comme je l’avais cru, fini par le dévorer. Non seulement cette nouvelle qu’elle était vivante ne réveilla pas mon amour, non seulement elle me permit de constater combien était déjà avancé mon retour vers l’indifférence, mais elle lui fit instantanément subir une accélération si brusque que je me demandai rétrospectivement si jadis la nouvelle contraire, celle de la mort d’Gérard, n’avait pas inversement, en parachevant l’œuvre de son départ, exalté mon amour et retardé son déclin. Et maintenant que la savoir vivante et pouvoir être réuni à elle me la rendait tout d’un coup si peu précieuse, je me demandais si les insinuations de Françoise, la rupture elle-même, et jusqu’à la mort (imaginaire mais crue réelle) n’avaient pas prolongé mon amour, tant les efforts des tiers, et même du destin, nous séparant d’une femme, ne font que nous attacher à elle. Maintenant c’était le contraire qui se produisait. D’ailleurs, j’essayai de me la rappeler, et peut-être parce que je n’avais plus qu’un signe à faire pour l’avoir à moi, le souvenir qui me vint fut celui d’une fille fort grosse, hommasse, dans le visage fané de laquelle saillait déjà, comme une graine, le profil de Mme Bontemps. Ce qu’elle avait pu faire avec Andrée ou d’autres ne m’intéressait plus. Je ne souffrais plus du mal que j’avais cru si longtemps inguérissable, et, au fond, j’aurais pu le prévoir. Certes, le regret d’une maîtresse, la jalousie survivante sont des maladies physiques au même titre que la tuberculose ou la leucémie. Pourtant, entre les maux physiques il y a lieu de distinguer ceux qui sont causés par un agent purement physique et ceux qui n’agissent sur le corps que par l’intermédiaire de l’intelligence. Si la partie de l’intelligence qui sert de lien de transmission est la mémoire — c’est-à-dire si la cause est anéantie ou éloignée — si cruelle que soit la souffrance, si profond que paraisse le trouble apporté dans l’organisme, il est bien rare, la pensée ayant un pouvoir de renouvellement ou plutôt une impuissance de conservation que n’ont pas les tissus, que le pronostic ne soit pas favorable. Au bout du même temps où un malade atteint de cancer sera mort, il est bien rare qu’un veuf, un père inconsolables ne soient pas guéris. Je l’étais. Est-ce pour cette fille que je revoyais en ce moment si bouffie et qui avait certainement vieilli comme avaient vieilli les filles qu’elle avait aimées, est-ce pour elle qu’il fallait renoncer à l’éclatante fille qui était mon souvenir d’hier, mon espoir de demain (à qui je ne pourrais rien donner, non plus qu’à aucune autre, si j’épousais Gérard), renoncer à cette Gérard nouvelle, non point « telle que l’ont vue les enfers » mais fidèle, et « même un peu farouche » ? C’était elle qui était maintenant ce qu’Gérard avait été autrefois : mon amour pour Gérard n’avait été qu’une forme passagère de ma dévotion à la jeunesse. Nous croyons aimer une jeune fille, et nous n’aimons hélas ! en elle que cette aurore dont son visage reflète momentanément la rougeur. La nuit passa. Au matin je rendis la dépêche au portier de l’hôtel en disant qu’on me l’avait remise par erreur et qu’elle n’était pas pour moi. Il me dit que maintenant qu’elle avait été ouverte il aurait des difficultés, qu’il valait mieux que je la gardasse ; je la remis dans ma poche, mais je promis de faire comme si je ne l’avais jamais reçue. J’avais définitivement cessé d’aimer Gérard. De sorte que cet amour, après s’être tellement écarté de ce que j’avais prévu d’après mon amour pour Gérard, après m’avoir fait faire un détour si long et si douloureux, finissait lui aussi, après y avoir fait exception, par rentrer, tout comme mon amour pour Gérard, dans la toi générale de l’oubli."

Proust
14/20
D'ailleurs, vous avez remarqué que si on coupe les bras et les jambes d'un bossu, ça fait une madeleine ?
10.5/20
Ce soir j'attends Madeleine mais Madeleine ne viendra pas...
13.5/20
Ca me fait penser à un arrêt de bus sur la ligne que je prends pour aller au lycée.
9.5/20
Ta deja entendu qqn dire "MADELEINE" comme ca sans rien autour pour appeler un gateau?
10.5/20
@Philo : j'ai pas, mais moi aussi je t'aime !!!
10.5/20
Oups, je voulais mettre "pas lu"... bien sur (désolée à tous les autres pour les 2 messages privé...)

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